Portraits de vie

Portrait d'Aleksei
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Rencontre avec… Aleksei

Homme aux multiples talents Aleksei est originaire du Vénézuela. Il a démarré sa carrière professionnelle comme informaticien pour les plateformes pétrolières qu’il a ensuite quitté pour créer, à Barcelone, son entreprise de services informatiques. Il a malheureusement fait faillite et la vie l’a amené à partager sa passion des origamis sur les marchés, notamment à Berlin. Aujourd’hui, il est de retour à La Palma où il continue de vendre son art sur les marchés. Son projet est de recréer une entreprise, cette fois de création de sites internet multilingues. Homme multifacettes, il joue également du piano et se produit en concert.

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Résilience et volcan Tajogaite de La Palma

La Venezolana Elle travaille dans un magasin de pierres et bijoux en bordure de plage. Il y a 6 ans, elle a rencontré son mari qui est originaire d’Allemagne et qui vivait déjà à La Palma. En tant que créateur de bijoux, il a ouvert ce magasin il y a 25 ans. La Venezolana a aussi tout perdu lors de l’éruption du volcan. Le couple n’avait pas assuré la maison ni le stock de bijoux et tout a été emporté par la lave. Situés sur le versant sud, ils ont eu 10 minutes montre en main pour emporter l’essentiel, pas plus, et ils n’ont pas pu revenir sur place. La Venezolana garde pourtant le sourire et sa belle énergie. Elle et son mari louent une maison où il continue à créer pendant qu’elle travaille au magasin. Je suis épatée par la résilience de ces personnes qui font face aux éléments naturels et qui se relèvent, repartent de l’avant, et persévèrent tout en cultivant leur joie. Uli Il vient d’Allemagne et il aime passer l’hiver à La Palma. Il y a même acheté une petite maison. Pas de chance, elle se trouvait sur le passage des coulées de lave et elle a été engloutie. Déçu, dégouté, choqué, il s’était juré de ne plus revenir ici. Pourtant, Uli est revenu et a retrouvé son optimiste : « On ne peut rien faire de toute façon, à quoi cela sert-il de se lamenter ? et puis, on a tout de même de la chance de pouvoir revenir passer l’hiver ici, revoir les amis alors que les locaux ont tout perdu » me dit-il. Alors s’il n’a plus sa maison, il loue, 3 mois par an, une chambre dans la maison d’un ami, à Tazacorte, un village côtier. Katia Originaire d’Allemagne, elle louait une maison sur l’île depuis plusieurs années. Depuis l’éruption, elle est retournée vivre en Allemagne et revient de temps en temps à La Palma mais n’y reste plus pour de longues périodes. « Rien ne sera plus comme avant », me dit-elle et elle me parle de sa collection de plantes avec nostalgie : pendant 10 ans, elle a cultivé une collection d’orchidées et de plantes ornementales. Lors de l’évacuation, elle pouvait retourner sur les lieux pour y chercher des effets personnels : pas plus de 10 minutes sur place et devait être accompagnée par un agent officiel. A présent, elle se projette dans l’avenir : « il y a tant de beaux endroits en Europe à visiter »  dit-elle en mentionnant Prague et d’autres villes.

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Rencontres avec…Katharina, Ambra et Sania

Katharina : bijoux et liberté Katerina est allemande, cela fait 30 ans qu’elle vit ici, seule dans sa finca, avec son petit chien Lili. Elle est arrivée ici avec sa fille alors en bas-âge (elle est âgée maintenant de 24 ans et étudie la biologie à Londres). Katerina vend des bijoux et pierres naturelles d’abord dans un magasin à Los Llanos (une des 2 villes principales de l’ile) et depuis le covid, elle a remis son commerce et vend sur les marchés ou sur invitation d’amies qui possèdent des restaurants ou chambres d’hôtes. Katerina se sent plus libre ainsi : plus d’horaires, ni de charges à payer. Elle aimerait vendre sa finca qui lui demande de plus en plus de travail pour acheter une petite maison qu’elle louerait et vivrait dans un van. Ambra : voyages et explorations Aujourd’hui, au marché, j’ai rencontré … AMBRA Une italienne d’une quarantaine d’années qui vit depuis 13 ans sur l’ile de La Palma. J’ai papoté avec elle et elle m’a raconté un bout de sa vie dont voici le résumé. Et elle est d’accord pour que je vous le partage ! Elle est originaire de Milan et est l’ainée d’une fratrie de 3 enfants. Elle est née alors que ses parents avaient 18 ans et a tissé avec eux une relation plutôt d’amitié et de complicité. Elle s’est toujours sentie décalée par rapport à ses amis qui aimaient la mode et les apparences. A l’âge de 18 ans, elle a quitté sa famille pour sillonner le monde pendant 15 ans. Elle a vécu à Hawaï, en Australie, a voyagé longuement en Asie du Sud-est. Cela fait à présent 13 ans qu’elle vit ici et l’été, elle part en Corse travailler dans un camping écologique pour y guider les campeurs. Ambra parle l’espagnol, l’italien, le français et l’anglais. Elle vit avec son compagnon, originaire de l’ile, dans une finca (sorte de ferme-plantation). Lors de l’épisode covid, ils se sont retrouvés avec des stocks d’avocats qu’ils n’arrivaient plus à écouler. Elle s’est alors inspirée de ce qu’elle avait appris en Australie : créer ses cosmétiques naturels. A présent, elle extrait l’huile des avocats pour en faire des crèmes, des baumes, des savons qu’elle vend entre autre sur les marchés. Elle et son compagnon ont comme projet de se construire une maison écologique. Un belgo-français ou franco-belge aussi résident sur l’ile est en train de les y aider. Sania : Du textile et de l’énergie ! Sania est Slovène et vend des articles textiles sur les marchés : Je n’ai pas eu l’occasion de parler beaucoup avec elle car elle était occupée à installer son stand. Mais j’ai été épatée par son énergie et sa détermination. Elle sillonne les routes et les marchés dans son van avec sa fille âgée de 5 ans. L’été, elle migre pour une autre île : Ibiza où elle fait sa saison. Elle m’a raconté que des milliardaires qui viennent passer leurs vacances dépensent quelque fois 3000 euros sur le marché. Avoir un terminal pour carte bancaire est indispensable.

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Rencontre avec… Tamara

Canaries ou Allemagne ? Aide-soignante, 23 ans – dans un home. Gagne 1200€ net par mois, aimerait aller en Allemagne pour gagner plus. Mais quand je lui parle du froid et du manque de luminosité, elle hésite déjà. Une amie lui avait déjà parlé du traitement des personnes âgées dans les homes en Europe et lui avait dit « ce n’est pas pour toi, tu as un cœur trop sensible ». Je lui suggère plutôt de voir comment gagner mieux sa vie en restant aux Canaries.  Se mettre à son compte ? Elle me parle alors d’un ami qui a lancé un projet d’assistance médicale pour les expatriés allemands aux Canaries et cela commence à prendre forme. Il lui a même proposé de collaborer avec lui… Cette conversation m’apprend : créer ce que l’on n’a pas encore chez soi est aussi une solution. Cela va lui demander de connaître mieux les langues et de peut-être faire un séjour en Allemagne pour apprendre la langue de ??? et aussi les codes culturels. Mais elle aura comme objectif de revenir ici pour contribuer au projet de son ami.  L’herbe est-elle plus verte ailleurs ? Nombreux sont les immigrés qui quittent leur pays dans l’espoir d’une meilleure vie ailleurs, qui rêvent d’épargner suffisamment pour revenir ensuite au pays pour couler leurs vieux jours. De ce que j’ai pu voir et d’après ceux que j’ai rencontré, ce programme est une illusion car une fois que l’on émigre, on commence à faire des racines : Les immigrés sont alors écartelés entre leur plan d’origine et celui que la vie a construit. Sans compter le fait qu’une fois partis, la vie au pays évolue, et avec le temps, les immigrés peuvent idéaliser une vie qui n’existe pas ou plus. Une option est d’avoir un pied à terre dans le pays d’origine et d’y retourner pour des périodes plus ou moins longues. Ou de ne pas avoir d’enfants ou des enfants qui décident de voyager et de vivre ailleurs.

Rente
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Rencontre avec… Rente

Un ermite du bout du monde Au bout d’un chemin qui a pour seule issue la mer, à la pointe ouest de l’île, habite un personnage étonnant. J’ai rencontré Rente par hasard en voulant explorer les ruines, que je pensais inhabitées, d’une maison perdue dans les rochers de bord de mer. Il a surgi et m’a invité dans son humble demeure pourtant si étonnante. Depuis 30 ans, il y habite, tel un troglodyte, et vit de troc : poissons et coquillages contre riz et pâtes, et quelques bières, voire plus. Vu les bouteilles alignées, j’ai tout d’abord pensé à un bar de bord de mer, mais non, c’était bien sa maison. Je le soupçonne cependant d’être porté sur la boisson. Une hospitalité remarquable Ce qui me plait chez Rente c’est son hospitalité gratuite, son enthousiasme : il invite les passants à venir converser chez lui, il a même des carnets où les voyageurs inscrivent leurs commentaires. Hasard de la vie, j’ai rencontré quelques jours plus tard un couple de Belges qui étaient aussi passés par chez Rente et y avait mangé un plat de pâtes aux coquillages (lapas en espagnol). Ils m’ont bien confirmé qu’il n’y a pas eu de transaction d’argent, juste le plaisir d’être ensemble, de partager. Rente pourrait être un ermite misanthrope, aigri de la société de laquelle il s’est écarté. Et bien non, malgré son isolement (ou peut-être grâce), il chercher la compagnie humaine. Il a même préparé quelques cannes à pêche pour les enfants qui viendront le rejoindre pour une partie de pêche.

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En voyage à… La Gomera

Discussions et échanges passionnants En janvier 2024 Sur le bateau qui me porte jusqu’à l’île de La Gomera, je me suis assiste à côté d’une dame. J’ai commencé à discuter avec elle et son parcours est très intéressant, en voici un résumé. Elle est polonaise d’origine et, accompagnée de son mari, elle a quitté son pays pour l’Allemagne, vers l’âge de 30 ans (elle en a 71 cette année). Le grand père de son mari (à présent décédé) avait servi dans l’armée allemande et en échange, ses enfants et petits enfants pouvaient prétendre à la nationalité allemande.Son niveau d’anglais étant très bon pour une personne de son âge, je lui ai demandé où elle l’avait appris et là, elle m’a confié une autre partie intéressante de sa vie. Son mari décédé, elle a refait sa vie avec un allemand et ils ont acheté un mobil home dans le Yukon, au Canada. Ils y retournent chaque année et elle maintient son niveau d’anglais en lisant des polars. Son compagnon et elle étaient pour 3 semaines aux Canaries dans un tour « all in », je lui ai partagé mon expérience des planifications de voyage en direct qui est pour moi plus riche que les hôtels. J’espère lui avoir donné le goût de l’aventure. En tout cas, j’ai été ravie d’échanger avec elle. On n’imagine pas le parcours des gens. La Gomera : une île étonnante Vous avez sans doute entendu parler de Ténerife, Gran Canaria, Lanzarote ou Fuerteventura mais quid de La Gomera ? Elle fait partie des 7 îles qui composent l’archipel des Canaries. A l’instar de El Hierro ou de La Palma, elle est peu connue du tourisme de masse mais enchante les randonneurs. Elle fait près de 370 Km² et héberge 20 783 habitants (2015). Durant les quelques jours où j’y ai séjourné, j’ai découvert plusieurs caractéristiques étonnantes : 1/10 de l’ile est occupé par le parc national de Garajonay inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : une forêt de Laurisylve datant de l’ère Tertiaire. Ces feuillus, couverts de lichen, conservent leurs feuilles toute l’année, captent l’humidité des nuages et la transforment en eau. Le Silbo : une langue sifflée encore pratiquée Le silbo pratiqué à la Gomera est une des rares langues sifflées au monde. Inscrite sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco depuis 2009, elle est encore pratiquée par une partie de la population et enseignée dans les écoles et dans certains lieux publics. Elle a été inventée par les Guanches, premiers habitants de l’île, pour permettre une meilleure communication d’une vallée à l’autre lorsqu’il n’y avait pas d’autres moyens efficaces. Sa portée est estimée à environ cinq kilomètres. Les transports publics sont gratuits (en 2023, il fallait encore un minimum de 15 voyages pour avoir ensuite la gratuité) Et je garde le meilleur pour la fin… Si vous êtes résident à La Gomera, vous aurez droit au rapatriement et des funérailles gratuites. Cette mesure fait partie du programme politique du conseil insulaire (cabildo insular) car de nombreux Gomeros (habitants de l’ile) ont émigrés, soit sur les iles avoisinantes, soit à l’étranger et en particulier au Venezuela. Pour info, selon le journal gomeranoticias, cette mesure coute 659.716€ par an et est très appréciée par la population. Je me suis demandé si avec cette mesure les cimetières n’étaient pas surpeuplés, il semblerait que non.

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